Les bureaux historiques de la garantie à Paris

Depuis plus de cinq cent ans, selon la loi française, tous les bijoux et objets en métal précieux (or, argent et platine) doivent être poinçonnés pour garantir leur authenticité. 

Une marque officielle est apposée au moment de leur fabrication ou de leur entrée sur le territoire Français.

Aujourd’hui deux poinçons sont obligatoires :

  • le poinçon de responsabilité ou poinçon de maitre, il s’agit du poinçon de l’artisan bijoutier joaillier qui a fabriqué ou importé l’ouvrage.
  • le poinçon de titre ou de garantie apposé par le service des douanes (ou par des fabricants abilités) 

Comme il est impossible de déterminer à l’oeil nu la proportion de métal précieux, ce poinçon vise à garantir aux consommateurs la teneur en métal précieux pur minimum contenu dans un ouvrage.

Pour exemple, le poinçon tête d’aigle que l’on trouve sur les bijoux en or, garantit que le bijou contient une quantité minimum de 75 % d’or pur, celui en forme de trèfle que le bijou contient une quantité minimum de 37,5 % d’or pur.

Les articles de moins de 3g pour l’or et 30g pour l’argent sont dispensés de ce poinçon.

Les principaux poinçons, en vigueur depuis 2009, pour les articles vendus neufs sont :

Les poinçons sont une véritable carte d’identité de l’objet. Ils le suivent tout au long de sa vie.  Aujourd’hui les poinçons que l’on trouve sur les pièces anciennes constituent un moyen irremplaçable d’en connaître l’origine et la date de fabrication.

Le poinçon dans l’histoire

Les premiers poinçons apparaissent en France au Moyen-âge .

En 1313 Philippe le Bel instaure un poinçon de garantie. 

En 1460 apparaissent les deux poinçons tels qu’on les connait aujourd’hui : le poinçon de maitre et le poinçon de garantie, à l’époque limités à l’argent d’abord, puis à l’or, et récemment au platine.

Au fil de l’histoire on trouve jusqu’à quatre poinçons différents sur chaque ouvrage : 

Le poinçon de maître, le poinçon de la corporation des orfèvres de la ville (variable d’une région à l’autre), et deux poinçons de marque avec un système de charge et de décharge garantissant que l’orfèvre s’était acquitté de l’impôt.

À la Révolution, les corporations sont supprimées. La loi du 19 Brumaire An VI (9 novembre 1797) instaure alors des poinçons officiels d’Etat. Cette loi fixe toujours les bases de notre système actuel de garantie des métaux précieux.

La liste des dessins des poinçons au fil de l’histoire fait penser à un inventaire à la Prévert :

Une oreille droite, une tête de vieille femme, une tortue, une tête de lévrier, une cloche, un calice, un sphinx, Pégase, un homard, une coquille saint Jacques, une très longue liste de coqs (buvant, tête à droite, tête à gauche, tête baissée, chantant, béquetant, attaquant, ailes déployées, chantant avec les ailes déployées…)

Et mon coup de coeur absolu : Le charançon !

Le charançon, le dessin et le poinçon

Le charançon se trouve sur les pièces importées en argent depuis le 10 mai 1838, avec bien évidement de nombreuses déclinaisons : Petit charançon encadré par un rectangle, par un listel, par un oval, gros charançon encadré par un rectangle, par un listel, par un oval…

La taille du poinçon, gros ou petit, correspond uniquement à la taille du poinçon apposé en fonction de la taille de la pièce.

Le conseil du Coach : il est facile de connaitre le lieu de fabrication d’un bijou (pour les bijoux récents) en observant le poinçon de responsabilité. Si le poinçon est de forme losange c’est un poinçon de maitre, donc une fabrication française, si le poinçon est oval il s’agit d’un produit d’importation.